Les nouvelles technologies modifient déjà le travail des ingénieures et ingénieurs. Des outils produisent du texte, du code, des analyses et des rapports en quelques secondes. Les équipes les utilisent. Les candidates et candidats à l’embauche les maîtrisent. Cette réalité impose une action claire des gestionnaires : définir les règles, former les équipes, organiser la validation et accompagner la relève. Sans cadre précis, l’outil prend la place du jugement professionnel.
L’IA générative automatise la rédaction de rapports, la production de code et certaines analyses techniques. Des études rapportent des gains de productivité mesurables, de l’ordre de 14 %, et parfois de 20 à 30 % selon les tâches.
Dans plusieurs équipes, des tâches d’entrée de carrière sont désormais réalisées par de nouvelles technologies ou de nouveaux outils intelligents. En parallèle, les compétences en IA deviennent un critère d’embauche. Une forte proportion d’étudiantes et d’étudiants en génie utilisent déjà ces technologies pour structurer leurs idées ou tester des solutions.
Le ou la gestionnaire ne peut donc pas attendre. Il ou elle doit :
La première responsabilité consiste à cartographier les usages actuels et à décider des usages souhaités.
Certaines activités sont réservées aux ingénieurs et ingénieures, et encadrées par la Loi sur les ingénieurs. Les livrables engagent leur responsabilité professionnelle.
Les outils d’IA peuvent produire des résultats crédibles, mais qui peuvent se révéler en partie inexacts. Ils peuvent intégrer des biais ou générer des erreurs difficiles à détecter. La vérification est primordiale.
Un employeur doit donc mettre en place des règles simples et explicites :
Il doit également former les équipes aux limites des outils. Encadrer ne signifie pas interdire. Cela signifie définir un processus clair : utilisation, vérification, approbation.
L’Ordre a d’ailleurs publié un document qui recommande en 6 axes une utilisation responsable de l’IA en génie.
La montée en compétences ne peut pas être laissée à l’initiative individuelle. Elle doit être organisée.
Le ou la gestionnaire peut agir concrètement :
Les ingénieurs et ingénieures doivent comprendre comment fonctionnent les outils qu’ils ou elles utilisent, et savoir détecter une erreur, questionner un résultat et justifier une décision.
Un principe simple doit guider l’équipe : un livrable produit plus vite doit être vérifié avec le même niveau d’exigence.
L’Ordre propose d’ailleurs une série de formations qui aident à comprendre et à maîtriser les nouvelles technologies.
L’intégration de nouvelles technologies modifie les pratiques et peut créer des tensions. Certains employés et employées adoptent rapidement les outils. D’autres hésitent.
Le ou la gestionnaire doit :
La relève mérite une attention particulière. Si certaines tâches d’apprentissage disparaissent, il faut en créer d’autres qui permettent de développer le jugement technique : révision critique de résultats générés par IA, participation encadrée à des projets complexes, mentorat structuré.
Former un ingénieur ou une ingénieure ne consiste pas seulement à lui fournir un outil performant. Il faut lui apprendre quand l’utiliser, quand s’en méfier et quand s’en passer.
Les technologies intelligentes continueront d’évoluer. Les outils changeront. Les standards professionnels, eux, demeureront.
L’accompagnement des ingénieurs et ingénieures repose sur des actions concrètes : définir des règles claires, former les équipes, organiser la validation et soutenir la relève. Lorsqu’un employeur en génie structure ces éléments, la technologie devient un levier de performance. Sans cette structure, elle devient un facteur de risque.
La transformation ne se décrète pas. Elle se gère.
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