Votre première année à titre de candidate ou candidat à la profession d’ingénieur (CPI) est une période déterminante. Elle pose les fondations de votre crédibilité professionnelle, de votre réseau et de votre positionnement à long terme au sein de l’organisation. Pourtant, la majorité des difficultés vécues en début de carrière ne relèvent pas de lacunes techniques : elles sont liées à une méconnaissance de l’environnement, des attentes implicites et des dynamiques organisationnelles. 

Que vous intégriez une grande entreprise, un bureau de génie-conseil ou un organisme public, les premiers mois ne s’apprivoisent pas seuls. Les compétences se construisent dès le début. L’Ordre des ingénieurs du Québec met à votre disposition les ressources pour soutenir cette démarche. 

Voici comment aborder vos 90 premiers jours avec méthode.

Commencez par lire votre organisation

Avant même de démontrer ce que vous savez faire, prenez le temps de comprendre dans quel environnement vous êtes. Cela signifie identifier les parties prenantes clés : votre supérieur ou supérieure immédiate, vos pairs, vos collaborateurs et collaboratrices directs, les équipes en amont et en aval de votre travail. Qui influence réellement les décisions techniques ? Qui détient l’expertise reconnue ? Qui peut accélérer vos projets… ou les freiner ? 

Au-delà des personnes, c’est la culture organisationnelle qu’il vous faut décoder : le rythme de travail, les modes de prise de décision, la place de la hiérarchie, les attentes non écrites. Ces éléments, invisibles dans la description de poste, conditionnent pourtant votre intégration autant que vos compétences techniques. 

Comme le résume Linda Sabourin, chargée de cours en gestion de l’ingénierie à l’Université de Sherbrooke : « Dans les 30 premiers jours, votre rôle, c’est d’écouter. La culture, ça ne s’explique pas dans un manuel d’accueil : ça se lit dans les comportements, les réunions, les non-dits. » 

Cette lecture active de l’organisation est une compétence professionnelle à part entière. Elle figure d’ailleurs parmi les éléments de compétence attendus dans le cadre du Guide de pratique professionnelle (GPP) de l’Ordre des ingénieurs du Québec, notamment en ce qui a trait aux relations avec les parties prenantes et à l’exercice du jugement professionnel dans un contexte organisationnel. 

Clarifiez les attentes dès le départ 

L’une des erreurs les plus fréquentes en début de carrière est de supposer que les attentes vont de soi. Ce n’est presque jamais le cas. Les attentes se déclinent en réalité sur 4 niveaux distincts :  

  • Les résultats attendus (quoi livrer)  
  • Les processus à respecter (comment y parvenir)  
  • Les comportements valorisés (comment vous positionner dans l’équipe)  
  • Les non-dits culturels (ce qui est implicitement apprécié ou mal vu dans l’organisation) 

Poser des questions précises sur ces 4 dimensions dès les premières semaines n’est pas un signe d’hésitation : c’est une marque de rigueur professionnelle. C’est également l’occasion de négocier vos conditions de réussite, c’est-à-dire de convenir avec votre supérieur ou supérieure des ressources, des échéances et des priorités qui vous permettront de livrer avec qualité. 

La formation La gestion des priorités : se sentir en contrôle de son temps, offerte par l’Ordre, peut vous aider à structurer cette phase de manière rigoureuse et efficace.

Bâtissez des alliances stratégiques

Une bonne intégration ne repose pas uniquement sur la maîtrise de vos dossiers. Elle suppose également que vous sachiez vous positionner dans le réseau informel de l’organisation. Il existe 4 types d’alliances à tisser :  

  • Les verticales : avec votre supérieur ou supérieure, pour l’alignement stratégique 
  • Les horizontales : avec vos pairs, pour la fluidité interdisciplinaire 
  • Les descendantes : avec votre équipe, pour la mobilisation  
  • Les informelles : avec les personnes influentes, pour accéder aux décisions réelles 

Ces alliances reposent sur 3 fondations :  

  • La crédibilité : votre compétence perçue et votre cohérence entre parole et action,  
  • La confiance : transparence et fiabilité dans les échanges  
  • L’utilité mutuelle : la capacité de chacun ou chacune à faciliter le succès de l’autre  

Ces éléments, pris ensemble, constituent la base d’un réseau professionnel durable. 

« Bonne humilité, bâtir des alliances rapidement : c’est comme ça qu’on bâtit sa crédibilité », rappelle Linda Sabourin. 

La formation Collaborer avec différents types de personnalités offre des outils concrets pour développer ces habiletés relationnelles essentielles à votre développement professionnel. 
 

Livrez de la valeur, puis positionnez-vous

Cette progression suit une logique en 3 temps.  

Le premier mois est celui de l’observation : comprendre les attentes, décoder la culture, saisir les dynamiques. Agir avant de comprendre, c’est le raccourci le plus sûr vers les faux pas. 

Entre 30 et 60 jours, vous pouvez commencer à livrer des résultats visibles : un projet mené dans les délais, une documentation structurée, une problématique clarifiée. C’est également le moment de développer votre réseau interne et d’identifier des opportunités d’amélioration à proposer avec diplomatie. 

Entre 60 et 90 jours, vous pouvez commencer à exercer une influence. Clarifiez votre positionnement professionnel : sur quoi êtes-vous reconnu.e ? Quelle valeur distinctive apportez-vous ? Quelle expertise développez-vous ? Cette phase marque le passage d’une posture d’apprentissage à une contribution stratégique assumée. 

Le Guide pratique : stages et premiers emplois en génie de l’Ordre constitue une référence utile pour structurer cette progression.

Gérez votre réputation professionnelle dès le premier jour

Elle se construit rapidement, souvent avant même que vous en preniez conscience. Elle repose sur 4 éléments :  

  • La fiabilité : respecter vos engagements 
  • La qualité : livrer un travail rigoureux 
  • L’attitude collaborative : contribuer positivement à la dynamique d’équipe 
  • La capacité à gérer la pression : garder votre sang-froid dans les moments exigeants 

Ces comportements, qui peuvent sembler évidents, sont souvent négligés dans le feu de l’action. Or, ils déterminent en grande partie la manière dont vous serez perçu.e par votre entourage professionnel. Dans les environnements où les ingénieures et ingénieurs sont appelés à travailler en mode projet et en étroite collaboration interdisciplinaire, la dimension relationnelle est déterminante. 

Linda Sabourin le dit sans détour : « Les meilleurs ingénieurs sont ceux qui vont vraiment sur le terrain et qui parlent autant avec un opérateur de machine qu’avec le directeur. » 

La formation Au-delà des mots : communiquer avec plus d’impact vous permettra de développer les habiletés de communication qui soutiennent une réputation professionnelle solide.

Une arrivée en poste réussie : une question de méthode

Ce n’est pas une question de chance. C’est le résultat d’une démarche structurée : comprendre son environnement, clarifier les attentes, tisser des alliances et livrer des résultats qui établissent votre crédibilité. Ces compétences s’apprennent et s’exercent. 

En tant que CPI, vous êtes déjà engagé.e dans un parcours de développement professionnel exigeant. Tirez parti des ressources mises à votre disposition par l’Ordre des ingénieurs du Québec pour traverser cette première année avec rigueur, confiance et méthode. L’intégration professionnelle est une compétence : cultivez-la. 

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Essentielles au processus d’embauche, vos références professionnelles valident à la fois vos compétences techniques et relationnelles tout en renforçant votre crédibilité. Elles offrent aussi aux employeurs un aperçu concret de votre capacité à évoluer dans un environnement professionnel donné. De plus, elles permettent de donner un aperçu de votre compatibilité avec la culture organisationnelle de l’entreprise. Toutefois, il est important de noter que la vérification des références, bien qu’essentielle, ne peut à elle seule confirmer l’emploi passé. C’est pourquoi la vérification de l’emploi est un complément crucial, garantissant que les informations fournies par les références sont exactes et reflètent véritablement votre parcours professionnel.

Jean-Baptiste Etchart, directeur exécutif de compte chez Vérifications mondiales Mintz, une entreprise spécialisée en vérification des antécédents, insiste sur l’importance des références. En effet, une évaluation rigoureuse des références permet aux ingénieur.e.s de valoriser les points forts de leur parcours et de faire valoir leurs compétences.  

Découvrez, ci-dessous, pourquoi et comment vos références peuvent être un atout stratégique qui fera pencher la balance auprès de votre futur employeur. 

Pourquoi la vérification des références est-elle essentielle ?

Dès le départ, Jean-Baptiste Etchart souligne l’importance de cette étape : « Les références professionnelles se comparent à un témoignage de l’expérience vécue sur la personne que vous considérez engager. »

Concrètement, cette étape permet de valider plusieurs aspects du profil : 

  • Les compétences techniques : Est-ce que le candidat maîtrise les outils, logiciels et méthodes nécessaires à son poste ?
  • Le comportement professionnel : Comment s’est déroulée l’évolution de l’ingénieur.e dans son précédent environnement de travail ?
  • Les aptitudes relationnelles : La personne collabore-t-elle efficacement en équipe ? Communique-t-elle bien ses idées ?
  • L’adéquation avec la culture de l’entreprise : la personne correspond-elle aux valeurs de l’entreprise ?  

Au-delà de ces critères, la reconnaissance officielle des qualifications professionnelles joue un rôle clé en ingénierie. La certification peut ainsi renforcer votre crédibilité comme candidat.e.

Cela dit, une expertise reconnue ne suffit pas toujours. Comme le rappelle Jean-Baptiste Etchart : « Ce n’est pas seulement une validation des compétences. Un.e excellent.e ingénieur.e qui ne sait pas collaborer peut être un frein à une équipe. »

Comment bien choisir ses références ?

L’une des erreurs les plus fréquentes est de choisir des références sans une réflexion stratégique préliminaire. Pour maximiser l’impact de vos recommandations, Jean-Baptiste Etchart conseille de privilégier des personnes qui ont occupé un poste de supervision à votre égard. En effet, une personne occupant un poste de supervision aura plus de poids dans son témoignage, car elle peut fournir une évaluation plus complète et objective de vos compétences et de votre comportement en situation professionnelle. Cela renforce la crédibilité de vos références et leur impact sur les recruteurs.

« Un collègue pourra dire du bien de vous, mais un gestionnaire apportera un regard plus objectif et crédible », explique Jean-Baptiste Etchart  

Idéalement, vos références devraient : 

  • Avoir une bonne connaissance de votre travail : Optez pour des personnes ayant collaboré avec vous sur des projets clés. 
  • Être récente : Une expérience plus ancienne peut être moins pertinente, surtout dans un domaine en constante évolution, comme l’ingénierie. Plus vos références sont récentes, mieux c’est. 
  • Correspondre au poste visé : Sélectionnez des références qui peuvent témoigner de compétences alignées avec le poste que vous convoitez. 

Aucune règle stricte ne définit la durée de validité d’une référence. En général, une période de 5 à 7 ans est idéale, car elle met en valeur votre évolution professionnelle récente. Toutefois, tout dépend du contexte et du poste visé. 

« Si elle témoigne d’une expertise essentielle pour le poste convoité, la référence peut rester précieuse », souligne Jean-Baptiste Etchart 

Obtenir l’accord de ses références professionnelles

Une fois que vous avez en main les bonnes références, il est important de prévenir les personnes concernées. En effet, vous devez vérifier qu’elles sont d’accord de se prêter à l’exercice et qu’elles ont le temps de répondre aux questions qui leur seront posées. 

Une fois leur consentement obtenu, informez-les qu’elles seront contactées prochainement afin qu’elles puissent se préparer et répondre de manière pertinente aux recruteurs. De plus, assurez-vous de leur indiquer qui les contactera, afin qu’elles sachent à quoi s’attendre.

« Une personne avertie fournira des réponses plus précises et représentatives de la réalité, permettant ainsi de répondre dans les meilleurs délais. », explique Jean-Baptiste Etchart.

La démarche s’inscrit dans la continuité de l’entrevue. Il faut donc que les réponses fournies soient en cohérence avec celles données en entretien. 

Les questions qui peuvent être posées lors d’une vérification de références

Chaque prise de références est différente. Les employeurs ont des besoins variés donc, ils adaptent leurs questions en fonction du poste à pourvoir. 

Cependant, plusieurs points reviennent fréquemment, notamment dans le secteur de l’ingénierie :

  • Confirmation des expertises spécialisées : quels étaient les principaux mandats de la personne candidate ? A-t-elle démontré une expertise particulière dans un domaine technique spécifique, notamment celui recherché pour le poste ?
  • Évaluation du comportement : comment la personne candidate gérait-elle la pression et les délais serrés ? Collaborait-elle bien avec ses collègues ? Partage-t-elle ses connaissances ?
  • Compatibilité avec les exigences du poste : Comment cette personne aurait-elle pu évoluer dans l’entreprise ? Si vous en aviez l’occasion, l’embaucheriez-vous de nouveau ? 

Une référence claire et précise renforce votre crédibilité auprès des recruteurs. À l’inverse, une réponse vague ou hésitante peut laisser croire à des réserves sur votre candidature. D’où l’importance de préalablement bien choisir celles-ci, en amont. 

La vérification de vos références : l’étape clé à ne pas négliger

La vérification des références professionnelles est bien plus qu’une formalité. Pour les ingénieur.es en recherche d’emploi, c’est une occasion de renforcer la crédibilité de leur candidature. 

Une sélection et une préparation rigoureuses de vos références peuvent devenir déterminantes pour votre prochain défi professionnel en ingénierie. 

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Par courriel, par téléphone ou via le réseautage en ligne, il existe plusieurs façons de communiquer son intérêt et sa motivation après une entrevue. Voyons les choses à faire, et celles à éviter, pour faire bonne impression à la suite d’un entretien d’embauche.

Envoyer un courriel de remerciement après l’entrevue

L’envoi d’un bref courriel de remerciement après une entrevue est l’une des meilleures façons de réitérer son intérêt et son enthousiasme pour un poste. Selon Chloé Geneste, Partenaire d’affaires RH à l’Ordre des ingénieurs du Québec, envoyer un courriel de remerciement est aussi un moyen de se démarquer, car peu de candidats et candidates pensent à le faire à la suite d’un entretien d’embauche.

En plus de renforcer la motivation et l’intérêt pour le poste convoité, le courriel de remerciement a d’autres utilités. Par exemple, vous pouvez y poser une question qui n’a pas été abordée pendant l’entrevue. Si les prochaines étapes n’ont pas été mentionnées à la fin de l’entretien, ce peut aussi être le moment de vous en informer.

Comment rédiger un courriel de remerciement ?

Le courriel de remerciement doit être clair et succinct. Quelques lignes suffisent. Remerciez le recruteur ou la recruteuse de vous avoir accordé de son temps, et rappelez-lui brièvement vos compétences clés pour occuper le poste.

Chloé Geneste recommande également de personnaliser le message. Ainsi, il est bien d’employer le nom de la personne que vous avez rencontrée. Il peut aussi être intéressant de nommer une expérience concrète qui met en valeur vos capacités pour le poste ou de mentionner les raisons précises pour lesquelles cet emploi ou cette entreprise vous attire.

Finalement, il est important de réviser votre courriel avant de l’envoyer afin de corriger les erreurs d’orthographe, qui peuvent laisser une mauvaise impression.

S’informer de l’état de sa candidature

Dans l’attente d’une réponse, les jours qui suivent une entrevue peuvent être à la fois excitants et angoissants. Si vous demeurez sans nouvelles, il est acceptable, après un certain délai, de contacter l’entreprise afin de vous informer de l’état de votre candidature et de réitérer votre intérêt pour le poste. Cela peut se faire au moyen d’un courriel de suivi ou, plus rarement, d’un appel téléphonique.

À quel moment s’informer de l’état de sa candidature ?

Si l’employeur a donné une date précise à laquelle il vous recontactera, il convient d’attendre que cette date soit passée avant de le relancer. Si aucune date n’a été fixée, il est recommandé d’attendre entre cinq et dix jours avant de faire un suivi.

Chloé Geneste rappelle qu’il faut savoir faire preuve de patience. En effet, le processus de recrutement pour un poste en ingénierie est souvent de longue haleine, nécessitant de nombreuses étapes : première entrevue, deuxième entrevue, tests de compétences, tests psychométriques, etc.

Faire un suivi par téléphone

Selon Chloé Geneste, l’appel téléphonique est principalement utilisé pour poser des questions ou demander des précisions. Pour envoyer un remerciement ou réitérer votre motivation à occuper le poste, le courriel demeure la méthode privilégiée.

Un appel de courtoisie peut toutefois être indiqué si vous souhaitez retirer votre candidature. En effet, si vous vous rendez compte que le poste ne correspond pas à vos attentes, l’employeur sera reconnaissant que vous preniez le temps de l’aviser. Cela permet de clore le processus de recrutement sur une note positive et de conserver une bonne relation avec l’entreprise.

Faire du réseautage sur LinkedIn

Le réseautage sur LinkedIn peut être un autre moyen de manifester votre intérêt et votre enthousiasme pour un futur emploi. Ainsi, vous pouvez envoyer une demande de connexion à la personne rencontrée lors de l’entrevue, aux gestionnaires de l’organisation ou aux membres de l’équipe que vous souhaitez intégrer. Attention toutefois à ne pas inonder d’invitations l’entreprise tout entière. Tenez-vous-en à quelques personnes clés.

Le réseautage sur LinkedIn vous permet aussi d’entrer en relation avec des personnes qui occupent un emploi semblable à celui qui vous intéresse. Ce peut être l’occasion de leur poser des questions sur leur profession et de confirmer si ce genre de poste correspond à ce que vous recherchez.

Un moyen d’entretenir de bonnes relations

Envoyer un courriel de remerciement, s’informer poliment de l’état de sa candidature ou faire du réseautage sur LinkedIn. Voilà toutes de bonnes façons d’exprimer son intérêt et sa motivation après une entrevue, et même de se démarquer des autres candidats et candidates.

Et si votre candidature n’est pas retenue cette fois-ci, ces prises de contact avec l’entreprise vous auront permis de démontrer votre professionnalisme et votre engagement, et d’établir de bonnes relations pour de futures occasions d’emploi.

« S’il y a une bonne impression qui est laissée, si l’on prend le temps d’échanger, de faire un suivi de qualité, ça permet de créer un lien pour d’autres opportunités plus tard », conclut Chloé Geneste.